Choisir un logiciel MSP : l'essentiel
- Un logiciel MSP est un logiciel de gestion médicale conçu pour une structure pluriprofessionnelle : dossier patient unique et partagé entre professions, gestion fine des habilitations, traçabilité des accès, recueil du consentement du patient et outils de coordination d’équipe.
- Le premier critère n’est pas fonctionnel, il est conventionnel : pour percevoir la rémunération de l’ACI, une MSP doit disposer d’un système d’information labellisé « e-santé Logiciel Maisons et Centres de santé » par l’Agence du Numérique en Santé, au minimum de niveau standard.
- Le label comporte deux niveaux : standard, socle minimal exigé comme prérequis, et avancé, exigences complémentaires qui ouvrent un indicateur optionnel supplémentaire.
- Les autres critères décisifs : professions couvertes, granularité des habilitations, journaux d’audit, outils de coordination réels, production des indicateurs ACI, modèle tarifaire multi-utilisateurs et qualité de la reprise de données.
- DrSanté est labellisé e-santé « Logiciel Maisons et Centres de santé » depuis le 25 septembre 2018, sur le périmètre Maisons et Centres de santé, au niveau standard exigé comme prérequis de l’ACI. La licence Coordination est à 18€ TTC/mois par utilisateur en paiement annuel, la licence secrétaire est gratuite.
Qu'est-ce qu'un logiciel MSP ?
Un logiciel MSP est un logiciel de gestion médicale destiné à une maison de santé pluriprofessionnelle, c’est-à-dire à une équipe qui réunit au moins deux médecins et un auxiliaire médical autour d’un projet de santé commun. Sa spécificité tient en une phrase : il gère un dossier patient unique, partagé entre des professions différentes, là où un logiciel de cabinet classique gère des dossiers cloisonnés par praticien.
Cette différence entraîne toute une série de conséquences techniques. Si le dossier patient informatisé est partagé, il faut décider qui voit quoi, tracer chaque consultation de dossier, recueillir le consentement du patient au partage, et permettre à des métiers aux besoins très éloignés, un médecin généraliste et un masseur-kinésithérapeute par exemple, de travailler sur le même socle sans se gêner.
S’y ajoute une dimension que les logiciels de cabinet ignorent totalement : la MSP est une entité conventionnée. Elle signe un accord avec l’Assurance Maladie, déclare des indicateurs, perçoit une rémunération collective. Le logiciel devient alors un instrument de gestion de la structure autant qu’un outil de soin.
Un logiciel MSP se juge sur trois plans simultanés. Le soin (dossier, prescription, facturation), la coordination (partage, habilitations, réunions d'équipe) et la conformité conventionnelle (label e-santé, indicateurs ACI). Un outil excellent sur le premier plan et absent sur les deux autres ne convient pas.
Logiciel MSP et logiciel de cabinet : cinq différences concrètes
| Logiciel de cabinet classique | Logiciel MSP | |
|---|---|---|
| Dossier patient | Un dossier par praticien, cloisonné | Un dossier unique partagé entre professions |
| Habilitations | Accès global ou par utilisateur | Droits fins par profil, par rubrique et par patient |
| Consentement | Non géré | Recueil et traçabilité du consentement au partage |
| Coordination | Courriers et messagerie | Réunions pluriprofessionnelles, protocoles partagés, messagerie interne, tâches |
| Cadre conventionnel | ROSP individuelle | Label e-santé exigé et indicateurs ACI de la structure |
Le label e-santé : le critère qui conditionne votre ACI
C’est le point de départ de toute grille de choix, et celui que les équipes découvrent parfois trop tard.
Ce qu'est le label
Le label « e-santé Logiciel Maisons et Centres de santé » est délivré par l’Agence du Numérique en Santé. Il atteste qu’une solution logicielle répond au référentiel fonctionnel attendu d’une structure d’exercice coordonné : dossier médical partagé entre professionnels, gestion du consentement du patient au partage de ses données, production d’indicateurs d’activité, et couverture des professions présentes dans la structure.
Le périmètre du label est précisé solution par solution. Certaines sont labellisées pour les maisons et centres de santé, d’autres uniquement pour les centres de santé, auquel cas le label n’est pas valable pour une MSP. C’est une vérification à faire avant tout engagement.
Les deux niveaux du label
Niveau standard
Niveau 1
Le socle minimal de fonctionnalités attendu d'un système d'information de structure pluriprofessionnelle. C'est le niveau exigé comme prérequis socle de l'ACI.
Niveau avancé
Niveau 2
Un ensemble d'exigences complémentaires, pour un usage plus poussé du système d'information. Il relève des indicateurs optionnels de l'ACI.
Pourquoi c'est un critère éliminatoire
Dans l’accord conventionnel interprofessionnel (ACI), le système d’information ne figure pas parmi les options : il fait partie des indicateurs socles prérequis. Une MSP doit disposer d’un système d’information labellisé de niveau standard au minimum, intégrant les fonctionnalités nécessaires au fonctionnement d’une structure pluriprofessionnelle et permettant que les dossiers des patients soient informatisés et partagés entre les professionnels. Sans ce prérequis, la rémunération conventionnelle n’est pas déclenchée.
Le niveau avancé, lui, relève des indicateurs optionnels : il ouvre droit à une rémunération complémentaire, sans être obligatoire.
Ce que cela représente financièrement
La rémunération de l’ACI fonctionne par points, chaque point valant 7 euros. À titre d’illustration, l’Assurance Maladie publie l’exemple d’une structure de 4 000 patients et 16 professionnels associés atteignant 100 % des indicateurs.
Pour les structures nouvellement créées, une garantie s’applique les deux premières années, avec une avance minimale de 12 000 euros et une rémunération annuelle minimale de 20 000 euros. Autrement dit, le choix du logiciel ne se joue pas sur un écart d’abonnement de quelques euros par mois. Il se joue sur l’accès à une rémunération collective à cinq chiffres.
La liste des solutions labellisées, avec l'éditeur, la version, le périmètre exact, les professions couvertes et le niveau, est publiée et tenue à jour par l'Agence du Numérique en Santé sur esante.gouv.fr. Demandez toujours à votre éditeur la ligne exacte qui le concerne, plutôt qu'une mention « labellisé » sur une plaquette commerciale.
La grille de choix en dix critères
Voici la grille à appliquer, dans cet ordre. Pour chaque critère, la question précise à poser à l’éditeur, et le signal qui doit vous alerter.
| Critère | La question à poser à l'éditeur | Le signal d'alerte |
|---|---|---|
| 1. Label e-santé | « Sur quel périmètre et à quel niveau êtes-vous labellisé, et à quelle date ? » | Une réponse vague, ou un périmètre limité aux centres de santé alors que vous êtes une MSP |
| 2. Référencement Ségur | « Êtes-vous référencé Ségur, sous quel numéro, et où en êtes-vous de la vague 2 ? » | Une communication « Ségur 2 » sans numéro de référencement vérifiable |
| 3. Dossier partagé | « Le dossier est-il réellement unique, ou s'agit-il de dossiers séparés reliés entre eux ? » | Une démonstration qui montre des passerelles plutôt qu'un dossier commun |
| 4. Habilitations | « À quelle granularité se règlent les droits : par profil, par rubrique, par patient ? » | Un système binaire, tout ou rien, entre accès complet et aucun accès |
| 5. Consentement | « Comment le consentement du patient au partage est-il recueilli et tracé ? » | Le sujet renvoyé à une procédure papier hors logiciel |
| 6. Traçabilité | « Puis-je exporter un journal d'audit des accès à un dossier donné ? » | L'absence de journal consultable par l'équipe elle-même |
| 7. Professions couvertes | « Quelles professions sont couvertes nativement, avec leurs actes et leur facturation ? » | Un outil pensé pour les médecins, où les paramédicaux sont des utilisateurs de seconde zone |
| 8. Coordination | « Comment sont gérés les protocoles pluriprofessionnels, les réunions de concertation et les tâches partagées ? » | Une messagerie interne présentée comme la seule réponse à la coordination |
| 9. Indicateurs ACI | « Le logiciel produit-il les données nécessaires à ma déclaration annuelle ? » | Des tableaux de bord d'activité individuels, sans vision structure |
| 10. Modèle tarifaire | « Comment sont facturés les profils non soignants, les remplaçants, les stagiaires ? » | Une facturation au poste plutôt qu'à l'utilisateur réel, ou des options obligatoires non annoncées |
Les critères 3 à 6 méritent une attention particulière : ce sont eux qui déterminent si le partage sera réellement praticable au quotidien. Le guide consacré au partage sécurisé de dossiers patients en MSP détaille les briques techniques à examiner.
Les points de vigilance sur le tarif
En MSP, le coût dépend de la composition de l’équipe, pas d’un forfait unique. Trois éléments font l’écart réel entre deux devis.
Ce qui creuse l'écart entre deux devis
- Le prix par type de professionnel. Une licence médecin et une licence paramédicale n'ont pas le même tarif chez la plupart des éditeurs.
- Le sort des profils non soignants. Secrétaires, coordinateur, gestionnaire : sont-ils facturés au même prix qu'un praticien, à tarif réduit, ou inclus ?
- Ce qui est en option. L'hébergement Cloud, la prise de rendez-vous en ligne, l'aide à la prescription et l'application mobile sont fréquemment facturés en supplément. Demandez un devis complet, options comprises, pas un tarif d'appel.
Les cinq erreurs les plus fréquentes
- Choisir le logiciel avant de définir le projet de santé. Les règles de partage découlent du projet, pas l'inverse. Une équipe qui n'a pas tranché qui accède à quoi paramètrera mal son outil, quel qu'il soit.
- Additionner des logiciels individuels. Chaque praticien garde son outil et on ajoute une passerelle. Cela ne produit pas un dossier partagé, et cela ne remplit pas le prérequis conventionnel.
- Vérifier le label sans vérifier le périmètre. Un label valable pour les centres de santé uniquement ne couvre pas une maison de santé.
- Négliger la reprise de données. En MSP, la reprise porte sur plusieurs bases hétérogènes, parfois de générations différentes. C'est le principal facteur de retard d'un déploiement.
- Sous-estimer la formation des paramédicaux. Ce sont souvent les utilisateurs les moins équipés au départ, et ceux dont l'adhésion détermine la réussite du partage.
DrSanté pour une maison de santé pluriprofessionnelle
DrSanté est labellisé « e-santé Logiciel Maisons et Centres de santé » depuis le 25 septembre 2018, sur le périmètre Maisons et Centres de santé, au niveau standard, celui exigé comme prérequis socle par l’ACI. L’éditeur est Calimaps, société créée en 2013 à Bordeaux, intégrée depuis 2023 au pôle logiciel du groupe VIDAL. Le logiciel est par ailleurs référencé Ségur du numérique depuis le 8 août 2022, et candidat au référencement de la vague 2 avec sa version 26.10.
Le périmètre du label couvre les professions présentes dans une structure pluriprofessionnelle : médecins généralistes et spécialistes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes, orthoptistes, sages-femmes, et chirurgiens-dentistes.
Ce que le logiciel couvre en structure
Partage et sécurité
Le socle du dossier commun
Dossier patient partagé, gestion des habilitations utilisateur, journaux d'audit, gestion du consentement du patient, DMP en natif, messagerie sécurisée de santé et messagerie instantanée interne à l'équipe.
Coordination d'équipe
Le travail pluripro
Planification des réunions pluriprofessionnelles, tableaux de bord d'activité et indicateurs, gestion des ressources partagées comme les salles, le matériel et les véhicules.
Soin et prescription
Le quotidien du praticien
Fiches d'observation par spécialité, modèles de courriers et comptes rendus, intégration des résultats d'examens, suivi des maladies chroniques, aide à la prescription certifiée LAP avec Vidal Expert, carnet de vaccination via MesVaccins.net.
Versant paramédical
Infirmiers, kinés et autres
Gestion paramédicale intégrée, avec formulaires dédiés, planification des actes et numérisation SCOR.
Administratif et facturation
La gestion de la structure
Facturation SESAM-Vitale, rapprochement NOEMIE automatisé, téléservices intégrés (ADRi, DMTi, AATi), module de comptabilité avec suivi des recettes et des impayés.
Installation au choix
Cloud, local ou hybride
Cloud, local ou Cloud Hybride, avec une application mobile pour les visites à domicile et l'exercice multi-sites. Données hébergées chez un hébergeur français certifié HDS.
L’accompagnement comprend la reprise des données depuis les anciens logiciels, l’installation et le paramétrage, la formation et un support technique illimité inclus dans la redevance. À ce jour, plus de 100 maisons et centres de santé utilisent DrSanté, sur un total de plus de 8 000 utilisateurs professionnels de santé.
Les tarifs en structure
| Licence | Tarif TTC par mois et par utilisateur |
|---|---|
| Médecins, généralistes et spécialistes | 58€ |
| Paramédicaux (infirmiers, kinés, orthophonistes, orthoptistes, ostéopathes, podologues, sages-femmes) | 32€ |
| Coordination | 18€ |
| Secrétaires | Gratuite |
Tarifs en paiement annuel. Le paiement mensuel est légèrement plus élevé. Les options se facturent en supplément : Save & Cloud à 12€ TTC/mois/utilisateur, Save, Cloud & Mobile à 18€, Vidal Expert à 32€ pour les licences médecins, Zena pour la prise de rendez-vous en ligne à 79€ TTC/mois/praticien.
Le budget réel d’une MSP dépend donc de sa composition. Une équipe de dix professionnels dont quatre médecins et six paramédicaux ne se chiffre pas comme une équipe de dix médecins. Demandez un devis établi sur votre organigramme réel, options comprises.
Deux pages pour aller plus loin
La page dédiée au logiciel maison de santé détaille les fonctionnalités par usage. Si votre structure est un centre de santé, avec des professionnels salariés et une gestion de paie, la page correspondante présente le fonctionnement spécifique, dont la passerelle Idem Santé vers la facturation et la paie Galaxie.
Changer de logiciel en MSP : les étapes
Sept étapes, dans cet ordre, de l’écriture des règles de partage à la première déclaration d’indicateurs.
La marche à suivre, étape par étape
- 1. Cadrer les règles de partage (avant les démonstrations). L'équipe écrit qui accède à quoi, et dans quelles conditions. Ce document devient le cahier des charges du paramétrage.
- 2. Contrôler le label et son périmètre. Consultez la liste de l'ANS, demandez la ligne exacte de l'éditeur, contrôlez que le périmètre couvre les maisons de santé et vos professions.
- 3. Démonstration en configuration réelle. Avec un médecin, un infirmier et un kiné dans la salle, sur un cas de patient suivi par les trois.
- 4. Cadrer la reprise de données. Recensez les bases existantes, leur ancienneté et leur format. Obtenez un engagement écrit sur ce qui sera repris et ce qui ne le sera pas.
- 5. Planifier la bascule hors période de forte activité. Et prévoir une phase de double saisie courte plutôt qu'un basculement sec.
- 6. Former par métier, pas en bloc. Les besoins d'un kiné et d'un médecin généraliste n'ont pas grand-chose en commun.
- 7. Vérifier la production des indicateurs ACI dès le premier trimestre d'usage, pour ne pas découvrir un manque au moment de la déclaration annuelle.
Faire chiffrer votre MSP sur votre organigramme réel
Licence par type de professionnel, licence secrétaire gratuite, options détaillées : demandez un devis complet plutôt qu’un tarif d’appel, ou testez le logiciel avec votre équipe.
Sources
- Agence du Numérique en Santé, « Label e-santé logiciel maisons et centres de santé ». esante.gouv.fr
- Agence du Numérique en Santé, liste des solutions labellisées, consultée le 10/08/2026. esante.gouv.fr
- Ameli, « La rémunération forfaitaire des maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) ». ameli.fr
- Agence du Numérique en Santé, registre des solutions candidates et référencées Ségur, consulté le 10/08/2026. esante.gouv.fr